Hymne national du Cameroun : origines et controverses

Hymne national du Cameroun : origines et controverses

Lecture 4 minutes

Hello la fam, c’est comment ?

Connaissez-vous la petite localité historique et emblématique de Foulassi ? Elle est située à quelques kilomètres de Sangmelima dans le département du Dja-et-Lobo et est le berceau de l’hymne national du Cameroun. En effet, c’est ici qu’en 1928, les élèves de la  première promotion (1926-1928) de l’Ecole normale de la même localité composeront les strophes de l’hymne national. Allez suivez-moi, je vous en dis en un peu plus sur le sujet.

 

Sommaire :

  1. Origines
  2. Controverses

 

Origines

Il faut savoir que la première station missionnaire presbytérienne a été installé au Cameroun, à Grand-Batanga (Kribi), en 1855, celle d’Efoulan (Efulen) en 1893 et enfin, celle de Foulassi (Fulasi) en 1912. En 1928, cette dernière abrita une École Normale des instituteurs dirigée par un pasteur de nationalité française, le révérend Camille Armand Chazeau. Il a été proposé aux élèves en fin de formation un devoir d’instruction civique : « exprimer leur espoir en l’avenir du Cameroun ».¹ Chacun d’entre eux est invité à lire son devoir à haute voix le lendemain matin. Les meilleures paroles sont reportées sur le tableau noir. C’est ainsi que celles de René Jam Afane, poète en herbe, sont sélectionnées et constituent les premières strophes de la version originale de l’hymne national intitulé « Le chant de ralliement ». La composition de la mélodie devant accompagner ces paroles est réalisée par trois musiciens de la promotion : Michel Nkomo Nanga, Moïse Nyatte Nko’o et Samuel Minkyo Bamba.²

À gauche : Samuel Minkyo Bamba et à droite : René Jam Afane

 

 

 

Ce chant de ralliement fut ainsi enseigné dans toutes les écoles du Cameroun et fut adopté par la première assemblée législative (1957-1959) comme hymne national du Cameroun (loi n°57-47 du 5 novembre 1957).

 

 

 

 

 

 

Controverses

Plusieurs intellectuels tels que Jean Takougang et Arnaud Tcheutou ont questionné le lien entre l’hymne national du Cameroun renommé « Ô Cameroun berceau de nos ancêtres » et son ancrage dans les diverses réalités géographiques et socio-culturelles camerounaises. Le problème se posant notamment du fait de l’importance de cet hymne faisant partie des symboles nationaux. Les paroles furent modifiées en 1970. (3)

De plus, dans son oeuvre « Les icônes de la musique camerounaise », l’auteur Arol Ketchiemen affirme que le véritable auteur de la chanson de l’hymne national est Moïse Nyatte Nko’o. En tant que major de sa promotion, il avait été chargé de composer la mélodie. Son nom aurait été banni de cette épopée à cause de son appartenance au parti nationaliste l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Si son nom vous dit quelque chose c’est tout à fait normal ! Nyatte Nko’o est notamment le père de l’artiste Archangelo de Moneko qui a été le chef de musique de l’orchestre national. Avec son épouse Marie Archangelo, ils formèrent l’un des duos mythiques de la chanson camerounaise. L’oeuvre la plus célèbre de ce duo est la chanson “Va de l’avant Paul Biya”, qui est le jingle du journal de 13h sur la CRTV radio depuis 1983.

La thèse d’Arol Ketchiemen a été soutenu par Etienne Mveng, auteur d’un mémoire en Histoire sur l’école de Foulassi ainsi que le député SHE Onana, député de l’Océan à l’Assemblée fédérale en 1970 également membre de la promotion de 1926-1928 et rapporteur de la commission des lois constitutionnelles sur le projet de loi n°213 d’avril 1970. 4

 

…Saviez-vous qu’il existe deux versions de l’hymne national ? (Yup !)

Une version anglaise a été rédigé en 1961 par Bernard Fonlon, surnommé le « Socrate du Cameroun » et traducteur à la Présidence d’Ahmadou Ahidjo. Originaire de Kumbo dans la région du Nord-Ouest, il a travaillé au sein du gouvernement du Southern Cameroons ainsi qu’au Parlement fédéral puis en tant qu’enseignant en littérature négro-africaine jusqu’à sa retraite. Il fut très engagé dans la lutte contre la politique d’assimilation du Southern Cameroons et promu le bilinguisme, ce qui représentait pour lui le moyen de lutter contre ce fléau. Son engagement le poussa a rédigé une version anglaise de l’hymne national différente de la version française bien que conservant le même nom intitulé « O Cameroon, Cradle of our Forefathers » et la même mélodie. Cette version est officiellement reconnue en 1978

À noter qu’il existe également des versions non officielles en différentes langues camerounaises qui sont enseignées au quatres coins du pays.

 

… Sinon, connaissez-vous l’hymne national du Cameroun. Si oui, en quelle(s) langue(s) ?

 

Bibliographie :

¹ EDO Antoine, « Fleurs du nationalisme Camerounais »,

² PEUPI Bertrand, NJOMGANG Henri, « Le Cameroun : Arts, Histoire et Traditions », Éditions Harmattan, 2004.

³ TSAPI Roland, « Bernard Fonlon : le combat contre les vices de la réunification », 30/09/2020

4 KETCHIEMEN Arol, « Les icônes de la musique camerounaise », Éditions du Muntu, 2018

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D.E.S

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2 Comments

  1. Merci beaucoup pour toutes ces informations, c’est bien qu’on sache d’où vient notre culture.
    Je dois encore apprendre la 2ème partie en français et la totalité de la version anglaise.

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